À la rencontre de nos forêts

Dans le cadre de l’Année Internationale des Forêts mise en place par l’ONU et le PNUE, chaque pays ou région est invitée à mieux faire connaître au grand public ce patrimoine naturel souvent méconnu. En Guadeloupe, c’est l’Office National des Forêts (ONF) qui relaie l’Année Internationale des Forêts. L’occasion de faire un plongeon au cœur d’une nature époustouflante…




À la rencontre de nos forêts
Les forêts gérées par l’ONF représentent 38 000 hectares, soit 22 % du territoire de l’archipel guadeloupéen et 60 % des espaces boisés. Des surfaces importantes composées d’écosystèmes diversifiés qui jouent de nombreux rôles à l’échelle de notre île.


Le château d’eau de la Guadeloupe

À la rencontre de nos forêts
La forêt départementalo-domaniale (ou FDD) essentiellement constituée de forêt dense humide et de forêt mésophile est située sur l'île de Basse-Terre. C’est une forêt montagneuse entourant le massif volcanique de la Soufrière. Elle héberge l’ensemble des cours d’eau de notre île et joue donc un rôle primordial en termes de préservation de la ressource aquatique. Mais cette forêt recouvre aussi une large part du coeur terrestre du Parc national dans lequel les sentiers de randonnée et les aires de pique-nique permettent de découvrir cette nature luxuriante. La forêt départementalo-domaniale est la surface forestière la plus importante de l'île
L’ONF intervient au travers de son programme d’aménagement. Il veille par exemple au respect des limites de la forêt et surveille particulièrement les défrichements sauvages, toujours très importants en Guadeloupe. Autre rôle de l’ONF : aménager et entretenir les sites pour mieux accueillir le public. Enfin, la production de bois (mahogany et laurier rose en majorité) est maintenue sur une petite partie du territoire, en veillant cependant à conserver systématiquement un mélange d'essences sur la totalité des parcelles.

La forêt domaniale du littoral (FDL)
La forêt domaniale du littoral (ou FDL) n'est pas un massif boisé d'un seul tenant. Elle est composée de plusieurs zones littorales disjointes. On les trouve aussi bien en Grande-Terre qu’en Basse-Terre ou sur les îles du sud (La Désirade, Les Saintes et Marie-Galante). Comme son nom l’indique, cette forêt est située sur le bord de mer et elle souffre donc de nombreuses pressions liées aux activités humaines. Les empiètements par les cultures, les constructions et les activités touristiques y sont nombreux et le rôle de l’ONF y est donc particulièrement important.
L’Office lutte ainsi contre les défrichements, les vols de bois et de sable ainsi que les dégradations de toutes sortes. Des équipements destinés à accueillir de public (carbets, tables de pique-nique) y sont également installés, souvent couplés à des supports d’information pédagogique. Mais l’ONF s’applique également à reboiser progressivement les espaces défrichés, à entretenir les limites de la forêt et à procéder à des régularisations foncières, le cas échéant.
A savoir : La délimitation et le bornage de l'ensemble de la FDL sont terminés depuis août 2001. Ce travail de longue haleine a permis de régler les conflits d’usage et de faire respecter les limites de la forêt du littoral. Cette délimitation a également permis de réaliser de nombreux aménagements de plages, de sentiers de randonnées et de découverte.

La forêt départementale
Elle est la propriété du Conseil général. Cette forêt provient de l'achat de différents terrains privés par la collectivité en 1976. Elle couvre des secteurs très différents sur les deux parties de notre île comme le Bois du Comté, Bellevue, les Deux Monbims, Marquis, La Lézarde, Poyen, Deville Maisoncelle, Pouzolle et Beautiran. Elle recouvre donc trois types de végétation : la forêt xérophile, la forêt mésophile et la forêt hygrophile. Toutes ne sont pas soumises aux mêmes pressions et l’ONF y intervient donc de manière différente. Pour les massifs de Poyen, Pouzzole et Deville-Maisoncelle, l'objectif est ainsi la préservation de l'état boisé. A Deville-Maisoncelle, on note une forte demande en charbon de bois et il faut en organiser la récolte. Pour les autres massifs de la Basse-Terre, ainsi que la partie supérieure du Bois du Comté, la pression est faible et aucune intervention spécifique n’est pour l’instant nécessaire.

Les mangroves ou forêts humides du littoral (FHL)
Longtemps maltraitées et malaimées, les mangroves jouent pourtant un rôle écologique majeur en milieu tropical. Véritables nurseries pour la faune et la flore, elles participent également à la bonne santé des herbiers et des récifs coralliens en épurant l’eau. Face aux tsunamis et houles cycloniques, elles constituent une barrière de protection et représentent un attrait touristique majeur.
En Guadeloupe, les forêts humides du littoral se situent sur le domaine public maritime et le domaine public lacustre. L’ONF et le Conservatoire du Littoral gèrent ces espaces naturels présents aussi bien dans le Grand Cul-de-sac Marin que du Petit Cul-de-sac Marin. On rencontre également ce type d'écosystème à Goyave, au Moule ainsi qu'à Marie-Galante mais les surfaces sont plus réduites. En tout, 19 communes sont concernées par les ces forêts humides pour une surface totale de 6.227 ha, soit environ 3,5% de la superficie de l'archipel.
Les mangroves sont depuis des décennies des sites naturels en souffrance. Ils doivent faire face à l'extension des pôles d'activités urbaines, à la prolifération des décharges sauvages, des réseaux routiers mais également aux rejets d'effluents pollués. La zone de Jarry recouvre désormais plus de 80% de la mangrove initialement présente avec des conséquences dommageables sur cet écosystème fragile. Pour limiter le développement de ces dégradations et leurs conséquences, l'ONF s’attache à la fois à protéger ces milieux et à les conserver. Pour aller dans ce sens, un film intitulé « Il faut sauver Jarry » a ainsi été réalisé. Co-produit par BCA/BCI et France Télévisions en partenariat avec l’ONF, la DEAL et les partenaires du projet INTERREG, il a été diffusé en avant première en février dernier et, durant l’année, il passera sur plusieurs chaînes nationales.

A savoir :
- Le Grand Cul-de-sac Marin, protégé en partie par le coeur de parc national, bénéficie du label « site Ramsar » attribué aux zones humides d'importance internationale.
- La forêt humide du littoral de la Guadeloupe représente le plus grand massif de ce type dans les petites Antilles.

Encart : Le saviez-vous ? Près de la moitié des forêts guadeloupéennes sont des forêts privées. Des forêts au patrimoine naturel encore méconnu mais qui commencent à faire l’objet d’études spécifiques de la part du conseil général et de l’ONF.

La zone dite des 50 pas géométriques
C’est une bande littorale de 81,20 m de large comptés à partir du rivage de la mer. La plupart des espaces naturels des 50 pas a été remis en gestion au Conservatoire du littoral, qui a confié certaines de ses missions à l’ONF. Cette bande des 50 pas comprend aussi bien des zones d’habitations, d’urbanisation diffuse que des espaces naturels.
Aujourd'hui, au total, cette bande littorale est constituée :
- de parcelles naturelles du domaine public de l'Etat, transférées au Conservatoire du littoral (156 km environ)
- de parcelles non urbanisées du domaine public de l'Etat et non transférées (50 km linéaire environ)
- de parcelles du domaine privé de l'Etat relevant du régime forestier (Forêt domaniale du littoral, 209 km linéaire environ)
- de parcelles du domaine public maritime et lacustre de l'Etat (56 km linéaire)
- de parcelles urbanisées ou occupées par un habitat diffus (100 km linéaire environ)
- de parcelles privées (27 km linéaire).

La Réserve naturelle de Petite Terre

C’est un des joyaux écologiques de la région, tant sur le plan marin que terrestre. Le site a fait l'objet d'un arrêté de protection de biotope en 1994 et la réserve a été créée le 3 septembre 1998. C’est une réserve naturelle nationale, propriété du Conservatoire du littoral, cogérée par l'ONF et l'association Ti-Té. Afin de protéger cet écosystème naturel d’exception, plusieurs orientations ont été définies. Conserver ce patrimoine en protégeant les milieux naturels, améliorer la connaissance des espèces qui y habitent ou s’y installent le temps de leur migration, réguler la fréquentation touristique et informer le public.
La réserve naturelle de Petite Terre est un compromis réussi entre la nécessaire protection de ce site et les activités économiques qui y sont liées (fréquentation touristique, prestataires touristiques et scientifiques). Quatre gardes y ont été recrutés depuis 2001, et assurent les missions de police, de suivi scientifique et d'accueil du public . On y découvre toujours de nouvelles espèces. La population d'iguanes est aussi suivie de près.



Pour tous, La Sylvathèque un site dédié à la forêt et ses secrets

La Sylvathèque et ses jardins offrent de nombreuses possibilités :
• consulter de la documentation, des publications ONF et les ouvrages parus sur la flore et la forêt tropicale de Guadeloupe
• visiter des expositions permanentes (maquettes, posters, grainiers)
• visiter des expositions temporaires d'art, d'artisanat
• louer une salle de polyvalente et l'essentiel des outils pédagogiques nécessaires (loupes binoculaires, rétroprojecteur, matériel vidéo...)
• participer à des randonnées pédagogiques proposées par des professionnels de la forêt.

La Sylvathèque travaille en réseau avec de nombreuses structures, associations et organismes. Elle est dotée de deux sentiers sont dits « d'interprétation » car ils marient à la fois les techniques pédagogiques et les approches sensibles.Chaque parcours, ludique et accessible, permet de développer l'attractivité du site tout en sensibilisant le visiteur à sa richesse et à sa préservation.
A Matouba (commune de Saint-Claude) sont présentées la forêt hygrophile, la sylviculture du Laurier rose (Podocarpus coriaceus) et du cyprès.
Le sentier du Houëlmont (commune de Gourbeyre) présente les forêts xérophiles et mésophiles ainsi que des plantations de mahogany.

De nouveaux équipements améliorent l'accueil du public :
- un platelage rend le site en grande partie accessible aux personnes à mobilité réduite
un grand carbet contribue aux animations et à l'accueil des groupes
- un jardin en cours de restructuration
Deux associations participent à la diversité des thèmes abordés :
- l'association "on pannyé on kwi, avec son chantier dinsertion sur le métier de vannier
- l'association bwa lansan et son opération de reboisement à partir des arbres à graines

Pour visiter ou louer une salle
Sylvathèque ONF - Blanchet - 97113 Gourbeyre
Tél. / fax : 05 90 81 37 57
Horaires d'ouverture :
Du lundi au vendredi, 7h00 - 14h00



Mardi 3 Mai 2011
maria
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