Actualités environnement Guadeloupe : Inra, la culture de l'avenir

Qu’est-ce qu’un INRA ou Institut National de la Recherche Agronomique ? A quoi cela sert-il ? Quels sont les métiers offerts par l’Institut ? La journée Portes Ouvertes organisée dans le cadre de la Fête de la Science répondait à tout cela. Et bien plus...




L'INRA et la fête des sciences

Lors de la Fête de la Science, l’Inra présentait ses activités mais aussi ses collections. Des petites boîtes dans lesquels plus de 800 insectes en tout genre sont présents. Des insectes endémiques, des venus de plus loin et qui parfois font des ravages sur nos cultures.
Mais l’Inra c’est aussi un pôle consacré à la recherche des moyens biologiques qu’il faut développer afin d’éviter au plus vite l’emploi d’engrais nocifs. Arriver très vite à supprimer les insecticides qui tuent les insectes certes, mais qui se retrouvent aussi dans notre alimentation.

Il en va ainsi de la chlordécone, cette molécule chimique destinée à lutter contre le charençon du bananier. Interdite depuis 1983 dans les cultures, elle est encore présente abondamment dans les terres de l’île. Ses effets à long terme sur l’environnement sont irréversibles et on ne peut plus planter sur ces terres de légumes racines : ils y seraient alors immédiatement contaminés.


Pour éviter les engrais

L’autre partie passionnante de cette exposition présentée par Simon Leinster faisait découvrir ces plantes écologiques qui peuvent venir à notre secours contre la pollution ; d’abord ce Canavalia ensiformis dont les racines fabriquent un engrais. Ainsi un hectare de Canavalia fournit 500 kg d’azote. Pour en profiter, il suffit de retourner le champ puis de procéder à la plantation désirée. Celle-ci bénéficiera durant toute sa croissance de cet engrais gratuit et “bio” qui se trouve dans le sol.
Pensons également au Gliricidia, joli arbuste dont les racines fixent l’azote dans le sol.


Pour rejeter la chlordécone

Actualités environnement Guadeloupe : Inra, la culture de l'avenir
Quand aux œillets d’Inde et à la Digitaria, ils sont ennemis des redoutables petits vers qui creusent les tiges des bananiers et les tuent sans pitié. Il faut alors cerner les champs de bananier à l’aide de ces plantes qui mettent en fuite les parasites, ou laisser pousser au sol les impatiens utilisées dans les plantations traditionnelles de l’île et qui ont les mêmes propriétés.
Ces procédés écologiques, à la fois anciens et nouveaux sont actifs, mais seulement sur des sols peu pollués.

Beaucoup de terres de la Guadeloupe cultivées en bananiers depuis des années et traitées à la chlordécone sont à considérer comme perdues pour la culture, «profondément contaminées pour plusieurs siècles, et ne pourront être utilisées que pour des productions non alimentaires, destinées à la bioénergie, aux biocarburant, fleurs, et bois d’œuvre». (rapport d’études de l’INRA-CIRAD)

Le travail d’un INRA étant de chercher, on peut faire confiance à ces savants qui continuent de le faire ; pour le vérifier on peut consulter sur le net les noms des plantes mentionnées et constater l’état des recherches qui les concernent.
Mais il faut surtout s’appliquer à suivre leurs conseils qui visent à protéger l’environnement et aussi bien sûr, notre santé.

Jeudi 4 Janvier 2007
Mariane AIMAR
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