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Au coeur de CopenhagueSelon les experts, un échec des négociations à Copenhague coûterait 500 milliards de dollars par an à l'économie mondiale. Les 193 pays présents doivent donc trouver un véritable accord, équitable et ambitieux estime le WWF.
Pas facile de négocier, quand on réunit autour d'une table 193 pays aussi opposés et différents. Des pays riches qui ont sur-consommé les ressources et pollué plus que de raison. Des pays émergents qui réclament le droit à leur tour d'enter dans l'ère moderne de la société de consommation. Des pays très vulnérables qui, dès à présent, subissent les effets du réchauffement climatique et qui cherchent seulement sauver leur peau.
Chacun tire un peu la couverture à lui et veut continuer au maximum son train de vie. Cependant, l'urgence est là et les ONG comme les citoyens sont mobilisés. Les états aussi sont prêts à avancer mais personne ne veut faire le premier pas au risque d'avancer sur un terrain glissant qui l'isolerait. Selon Greenpeace, c'est à l'Europe de montrer l'exemple. De sortir très vite les chiffres qu'elle annonce officieusement. Une baisse de 30% de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 par rapport au niveau de 1990. Le projet de texte Danois fait couler beaucoup d'encre
Ce mardi 8 décembre, le texte Danois qui circulait dans les couloirs de la conférence a attiré de vives critiques. Selon le WWF "Cette tactique de négociation est au privilège des pays développés, elle est faite pour complaire aux riches mais ne sert pas la majorité des Etats qui réclament une solution équitable et ambitieuse".
En substance qu'indique ce texte (qui n'est qu'une piste de travail selon le Danemark) ? Il cherche à limiter le réchauffement climatique à +2° mais ne fait aucune référence au Protocole de Kyoto qui est pourtant la seule base juridique en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Il prévoit une réduction de moitié des émissions de CO2 d'ici à 2050 par rapport au niveau de 1990, les pays développés en assumant 80%. Mais il reste très flou sur le financement de l'aide aux pays émergents, il envisagerait seulement 10 milliards de dollars par an d'ici 2012. Les ONG protestent en affirmant que pour sauver le système bancaire, les pays riches ont trouvé 1100 milliards de dollars. Et que 30 milliards de dollars sur 3 ans pour sauver la planète des effets catastrophiques du réchauffement climatique est une simple aumône. Et c'est bien là tout l'enjeu de la conférence de Copenhague : le financement de la réduction des gaz à effet de serre pour les pays les plus vulnérables doit être au coeur de l'accord. Les Etats doivent, pour la première fois de leur histoire, faire font commun face aux menaces qui pèsent sur la planète et ne laisser personne sur le bord du chemin. Un pari difficile et ambitieux. Les bonnes nouvelles
- L'agence américaine de protection de l'environnement a enfin reconnu que les gaz à effet de serre sont nocifs pour la santé humaine. Cela ouvre pour la première fois la voie à une réglementation au niveau des USA.
- Le président Obama sera présent le 18 décembre et désormais, il peut agir par décret pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans son pays. Jusqu'à présent, le Sénat bloquait toute loi dans ce sens. - La Chine, désormais championne du monde des émissions de CO2, pourrait s'engager à réduire ses émissions de CO2 de 40%. Des chiffres
En 2008,
- un Indien rejette 1,5 t de CO2/an - un Chinois 4 t de CO2/an - un Européen 12 t de CO2/an - un Américain 24 t de CO2/an Si on suit les recommandations du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), chaque habitant de la terre ne devra plus émettre en 2050 que 1,7 t de CO2/an. Pour rappel, la circulation d'une Twingo pendant 6 mois rejette 1t de CO2 - Depuis 2000, les émissions de gaz à effet de serre ont triplé par rapport à la décennie précédente - Depuis 200, le charbon a dépassé le pétrole en termes d'émissions de CO2. Du jamais vu depuis 1968. - Un réchauffement climatique limité à +2° entraînerait une élévation du niveau de la mer de 18 à 64 cm. - Un réchauffement climatique atteignant +4° entraînerait une élévation du niveau de la mer de 50 cm à 1,40 m (la moitié de la Guadeloupe serait sous les eaux, à commencer par Jarry). Mardi 8 Décembre 2009
MarIane Aimar
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