Cendres volcaniques et santé publique, les précautions ont-elles été prises en Guadeloupe ?

Les cendres volcaniques dues à l’explosion du volcan la Soufrière de l’île de Montserrat ont recouvert la Guadeloupe. Ces cendres étaient-elles un danger pour la santé ? Quels ont été les conseils fournis à la population. Quelles furent les mesures sanitaires prises ?




Cendres volcaniques et santé publique, les précautions ont-elles été prises en Guadeloupe ?
Les bonnes mesures : aéroport et établissements scolaires fermés
Les responsables de l’aviation civile ont été les premiers à réagir en fermant l’aéroport Pôle Caraïbe. Une décision primordiale car la silice, composante majeure des cendres (une espèce de sable d’une extrême dureté) peut provoquer la panne totale des réacteurs d’un avion.
D’où cette fermeture obligatoire pour plusieurs jours qui a provoqué l’isolement de la Guadeloupe jusqu’au dimanche.
Pour les scolaires, la décision de fermeture des établissements scolaires a été également très rapide. Le soir même de l’éruption, un avis été diffusé à travers les diverses radios : pas de déplacements de scolaires jusqu’au lundi suivant.

Pour les autres activités humaines, aucune restriction
Si les scolaires ont pu rester tranquillement à l’abri, il n’en a pas été de même pour le reste de la population qui a repris ses activités comme si de rien n’ était. Pas ou peu de conseils ont été diffusés, et rares sont les personnes à s’être équipées de masque afin d’éviter de respirer des cendres. Pourtant, des milliers de masques avaient été achetés en prévision de l’épidémie de grippe H1N1.
Il ne fallait pas être grand clerc pour se rendre compte que les cendres volcaniques n’étaient pas bonnes pour les voies respiratoires. Ce qui n’a pas empêché de nombreux sportifs à s’adonner à leur discipline les vendredi et samedi. C’est le week-end, donc on fait du sport, tant pis si l’air n’est pas sain.

L’agriculture très durement touchée
L’agriculture a payé un lourd tribut à cet épisode volcanique. En premier, la récolte de bananes a été anéantie non pas pour des problèmes sanitaires mais pour des défauts d’aspects que les importateurs et distributeurs métropolitains n’ont pas tolérés.
Les melons ont été doublement touchés et par les cendres et par la sécheresse. Leurs peaux tâchées, marbrées les ont rendus impropres à la distribution pour les mêmes raisons que la banane.
Les cultures vivrières ont subi gravement la pluie de cendres et la sécheresse persistante a semé la désolation chez les agriculteurs de la Grande-Terre.

La pluie, grande absente de l’épisode volcanique
On estime à 8 900 000 m3 le volume de cendres tombées sur les 1780 km2 de la Guadeloupe pour une hauteur moyenne de 5 mm. Cela représente une masse totale d’environ 11 570 000 tonnes. Et il faut environ une année pour que disparaisse une pluie de cendres importante. Un délai fortement raccourci lorsque les pluies abondantes sont de la partie. Mais le premier trimestre 2010 restera dans les annales autant pour l’absence de pluie que pour les faibles vents.

Des conséquences faibles sur la santé publique
À ce jour, difficile d’estimer les conséquences sanitaires de cette pluie de cendres. Dans la semaine qui a suivi l’éruption, le CHU de Pointe-à-Pitre n’a enregistré que quelques cas d’asthme directement liés aux cendres. Par contre, selon plusieurs médecins consultés mi-avril, il semble que les allergies respiratoires (rhinites, conjonctivites, sinusites) soient en nette augmentation depuis le phénomène. A suivre.

Lundi 12 Avril 2010
Pierre Aimar
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Pierre Aimar

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