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Chlordecone et sante en Guadeloupe : un potager bio dans votre jardinNombre de foyers possèdent au fond du jardin un potager leur fournissant toute l’année légumes et racines-pays. Mais il serait dommage de traiter ces produits à coup de pesticides chimiques …Après la publication de plusieurs études menées tant en Guadeloupe qu’en Martinique, il apparaît que la situation en matière de pollution des sols et des eaux est plus qu’inquiétante.Le chloredécone montré du doigt dès 2001
Ainsi, dès 2001, la Martinique montrait du doigt les résidus de pesticides dans les racines-pays, produits consommés quasi-quotidiennement ici. L’année d’après, c’est au tour de l’IFREMER de tirer la sonnette d’alarme : du chlordécone a été retrouvé en proportion importante dans les langoustes et les poissons ! Quant à l’eau du robinet, elle a présenté, durant la grande crise de 1999, des taux parfois supérieurs de 8 fois à la norme autorisée ! L’usage des pesticides est bien sûr incriminé et agriculteurs comme particuliers sont invités par les autorités à mesurer leurs gestes. Car si l’usage immodéré de la chlordécone (la molécule utilisée dans les bananeraies) est responsable de bien des pollutions actuelles, l’entretien de nos petits jardins n’est pas non plus sans effet sur l’environnement.
Le bio, ça s’apprend
Pour cultiver fruits et légumes sans recourir aux pesticides chimiques, il existe des techniques vielles comme le monde mais tombées en désuétude avec l’apparition sur le marché des produits phytosanitaires. L’introduction de coccinelles dans une plantation ou un potager permet par exemple de lutter contre les invasions de pucerons. En une seule journée, une coccinelle peut ainsi dévorer plus de 100 pucerons !
La sélection des espèces joue également un grand rôle dans l’agriculture raisonnée. Plutôt que de cultiver à foison des légumes très prisés des insectes, mieux vaut opter pour une espèce différente. En matière de banane, par exemple, les pommes-figues poussent sans problème, ce qui n’est pas le cas des bananes-desserts longues. Les herbes aromatiques ont également un rôle important dans les potagers bio. En plantant du basilic, de la menthe, du gros thym ou de la citronnelle au coeur du potager, on crée une barrière naturelle à bien des insectes. Fortement odorantes, ces plantes éloignent certains insectes et sont en plus utilisables dans la cuisine pour parfumer les plats. Une surveillance attentive
Cultiver sans recourir aux produits chimique implique une surveillance attentive de ce petit bout de terre à qui vous avez confié vos légumes. Ainsi, chaque semaine, n’oubliez pas de faire le tour de votre potager pour vérifier qu’aucun insecte n’est venu s’y installer. Soulevez les feuilles, vérifiez les bourgeons, les tiges. Si de la cochenille apparaît, lavez les plants à grandes eaux, avec une éponge s’il le faut. Nettoyez également le sol, ôtez les feuilles abîmées et tout ce qui pourrait servir de camp de base aux insectes ou champignons.
Tous les dix jours, jouez sur la prévention ! Dans un pulvérisateur, mettez de l’huile essentielle de citronnelle (30 gouttes pour 1 litre d’eau ) et pulvérisez le tout sur vos plantations. Cet insecticide naturel fonctionne bien lorsqu'il est utilisé régulièrement en prévention et il serait donc dommage de s’en priver. Des solutions originales
Ces dernières années, la agriculteurs du continent Asiatique ont développé des solutions originales et qui ont fait leur preuve. Ainsi, ils sont de plus en plus nombreux à utiliser dans leurs plantations … le Coca-Cola* ! Pulvérisé sur les plantes de manière préventive et en début d’invasion, il se révèle un parfait allié à un coût plus qu’abordable. Son taux de sucre serait à l’origine de son action insecticide. Mais le savon noir permet également de lutter contre les ennemis du jardin. Mélangé à de l’eau puis pulvérisé, il éloigne bien des insectes.
Bien sûr, toutes ces solutions doivent être utilisées avant ou en tout début d’invasion. Si vous attendez de voir votre jardin envahi par la cochenille ou les chenilles, il sera trop tard. Seule la solution chimique s’offrira alors à vous pour traiter votre potager. Des traitements adaptés
Côté traitement, justement, la roténone est un bon allié dans les cultures. Cet insecticide végétal produit à partir de plusieurs plantes d’origine tropicale permet une lutte efficace contre de nombreux insectes. Il s’utilise par pulvérisation foliaire sans dégâts pour l’environnement.
Quel que soit le traitement retenu, évitez à tout prix de traiter vos légumes ou fruits juste avant de les récolter. Il en sert à rien en effet d’avoir un joli potager si c’est pour manger des produits chimiques et nocifs. En cas de besoin (invasion vraiment importante), il faudra prévoir un délai de 3 semaines entre le traitement chimique et la récolte. Et dans ce cas, toujours laver et peler les légumes avant de les consommer. Enfin, une fois votre récolte effectuée, n’oubliez pas de laisser la terre se reposer et aérez-la au maximum. Apportez un peu de compost, retournez la terre et quelques semaines plus tard, mettez vos nouveaux semis en terre ! Mariane Aimar * Information révélée par le Magazine Sciences et Avenir de novembre 04 Jeudi 20 Septembre 2007
FELICIEN DEBIERRE
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