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Développement durable en Guadeloupe : Bologne, modernisation industrielle et technologie verteAugmenter la productivité tout en protégeant l’environnement, tels étaient les objectifs ambitieux de la Société Agricole de Bologne. C’est aujourd’hui chose faite puisque la distillerie peut produire du rhum de qualité tout en recyclant l’ensemble de ses déchets industriels. Avec, de surcroît, une production d’électricité non négligeable qui lui permet de faire fonctionner ses machines et d’alimenter le réseau EDF.Une unité de production industrielle à la fois moderne et propre en Guadeloupe
Après 7 millions d’euros d’investissement, la Société Agricole de Bologne peut s’enorgueillir d’avoir réalisé une unité de production industrielle à la fois moderne et propre. A l’heure où le réchauffement climatique compromet gravement la survie sur notre planète, une telle initiative ne peut qu’être encouragée.
C’est pour cela que derrière ce projet de toute première importance, on trouve l’Europe, l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et la Région Guadeloupe. Industrie particulièrement polluante jusqu’alors, la distillerie a opté pour une solution globale de traitement des déchets. Les deux résidus de la canne, la bagasse et la vinasse, se voient ainsi offrir une seconde vie.?Une vie à la fois recyclée et revalorisée. Bagasse = électricité en Guadeloupe
Que faire de la bagasse, ces résidus de canne broyés encombrants ? Les brûler pour en faire de l’électricité !
C’est tout simple en théorie, un peu moins en pratique et surtout très coûteux. Après 18 mois de travaux, l’installation d’une chaudière produisant 15 t/heure de vapeur, un silo à bagasse, un turbo-alternateur alimenté par la vapeur et une unité de traitement des eaux par osmose inverse et double filtration, l’opération est réussie.? La Distillerie Bologne est désormais autosuffisante en énergie électrique et pourra très bientôt injecter le surplus de sa production sur le réseau EDF. En outre, elle s’est dotée d’une cheminée équipée d’un électro-filtre conforme aux normes en vigueur limitant au maximum les rejets de fumées. Enfin, la vapeur d’eau produite lors de la combustion alimente la distillation et les différents besoins en eau de l’usine, ce qui limite les prélèvements d’eau en milieu naturel. Vinasse = électricité en Guadeloupe
Encore un “déchet” qui possède aujourd’hui une forte valeur ajoutée. Longtemps rejetées dans la nature, les vinasses ont brûlé les sols, acidifié les cours d’eau et endommagé jusqu’aux coraux présents dans nos mers. Désormais, les vinasses de la Distillerie Bologne sont traitées par le procédé de la méthanisation.?Cette bio-technologie transforme, grâce à des micro-organismes sélectionnés (des bactéries), les vinasses en biogaz. Et ce biogaz n’est autre qu’une source importante d’énergie qui pourra elle-aussi répondre aux besoins de l’usine ou être réinjectée sur le réseau EDF.
Les boues résiduelles issues de la méthanisation seront quant à elles utilisées comme amendement organique. Non odorantes, elles serviront d’engrais dans les champs où elles seront épandues. Enfin, la vapeur produtie entraîne les moulins de broyage et les colonnes à distiller avant d'alimenter le turbo-alternateur qui fabrique le courant. Aller plus loin à l’échelle de l’île
Si la plupart des distilleries de l’île se sont maintenant mises en conformité avec la loi, celle de Bologne est la plus avancée en matière de démarche écologique globale. Ses déchets sont à la fois traités (ils ne génèrent plus de pollution) et revalorisés (ils servent à produire de l’électricité). Mais Jean-Bernard?Derly, le directeur général de la Distillerie Bologne souligne l’intérêt d’une telle démarche à l’échelle de la Guadeloupe : “Notre île est grandement dépendante de ses importations de pétrole pour vivre.?Or, nous disposons sur place de très nombreux déchets verts (bagasses, vinasses mais aussi végétaux issus de nos jardins) qui pourraient largement être utilisés comme source d’énergie grâce à la méthanisation. Il serait judicieux de retenir cette solution écologique dans les futurs plans d’orientation énergétiques des DOM. Sans compter les solutions telles que le bioéthanol fabriqué à partir de la canne à sucre et qui tend à se démocratiser face à l’augmentation des prix du pétrole”.
Réduire les pollutions, augmenter notre indépendance énergétique, diversifier nos sources d’énergie, rechercher des solutions alternatives à notre développement, voilà des voies qui sont plus que jamais d’actualité. Et il y a urgence en la matière si nous voulons offrir à nos enfants un avenir et une terre vivables. Bologne, unité de pilotage
Une réflexion est menée actuellement avec l’ADEME, le CIRAD et la Région pour optimiser cette approche en faisant du site de Bologne une unité de pilotage pour valider l’étude de faisabibilité d’une centrale “canne combustible” qui aura plusieurs intérêts :
- diminer la dépendance énergétique des combustibles fossiles - produire de l’électricité à partir d’une biomasse facilement renouvelable - produire une canne spécifique à l’usage de production électrique sur les terres polluées par le chlordécone - créer des emplois - diversifier et rééquilibrer les points de production d’électricité Vendredi 5 Janvier 2007
FELICIEN DEBIERRE
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FELICIEN DEBIERRE
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