Du neuf dans nos poubelles

La visite de Nicolas Sarkozy en janvier dernier a remis le dossier des déchets au cœur des débats. Et pour cause, la Guadeloupe accuse un retard considérable en la matière et les élus sont aujourd’hui directement pointés du doigt.




« Dans certains domaines, l’Etat se substituera aux collectivités si elles n’assument pas leurs compétences » a déclaré lé Président de la République en évoquant notamment la gestion des déchets. Une gestion qui peine à se mettre en place, qui traîne depuis des années dans des guerres politiciennes et qui doit faire face aujourd’hui à des échéances inéluctables.
La décharge de la Gabarre doit être impérativement fermée le 31 décembre 2012 alors que les travaux de construction de la plate-forme multi-filières sensée prendre le relais, démarrent à peine... Une chose est sûre, la décharge de la Gabarre fait exception dans le paysage européen : alors que l’ensemble des décharges devaient fermer leurs portes au 31 décembre 2010, la Gabarre a bénéficié d’une prorogation jusqu’à fin 2012, faute de solution annexe opérationnelle. Au 1er août 2013, l'opération de réhabilitation devra être totalement achevée, dans le cas contraire, la France devra s'acquitter de quelque 80 millions d'euros d'amende européenne. Et à ce jour, la Guadeloupe est classée au même niveau que la Bulgarie, la Pologne ou la Roumanie…

Petit retour en arrière

Les Etats membres avaient jusqu'au 16 juillet 2001 pour mettre leurs décharges aux normes européennes ou, à défaut, pour les fermer (directive n° 99/31/EC du 26 avril 1999). Mais nombre d'entre eux étaient hors délai, dont la France. Pour cette dernière, les statistiques de 2007 indiquaient que 45 décharges illégales subsistaient. Trois ans plus tard, en 2010, une étude indiquait que des progrès majeurs avaient été réalisés par les services de l'État et les élus locaux puisqu'il n'existait plus aucune décharge non autorisée en France … métropolitaine. Les seules décharges non autorisées étaient situées dans deux DOM : la Guadeloupe et la Guyane.
Doublée par la Réunion et la Martinique, la Guadeloupe se retrouve donc en queue de peloton pour sa gestion des déchets. Avec des conséquences sanitaires directes : 2 millions de rats sur l’île et des sols et eaux de rivières comme littorales contaminées par les décharges. Au niveau touristique, pâle bilan également : combien de touristes repartent en effet dans leur pays avec l’image d’une Guadeloupe sale aux plages jonchées de déchets ?


Mercredi 16 Mars 2011
Mariane Aimar
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