On observe en Guadeloupe un taux de prématurité et de mortalité périnatale deux fois plus élevé que celui de la métropole, et l'une des incidences de cancer de la prostate les plus élevées au monde, qui ne s'explique qu'en partie par l'origine ethnique de la population.
C’est pour cela que plusieurs études épidémiologiques, coordonnées par Luc Multignier, épidémiologiste de l'Inserm à Rennes, tentent de cerner l'impact de cet insecticide sur notre santé.
Pourtant, la dangerosité du chlordécone est connue depuis deux rapports scientifiques de 1977 et 1980 qui ont mis en évidence la pollution des rivières et des sols antillais, et la rémanence (sa durée de vie même après l’arrêt de son utilisation) du produit. L'impact sur la santé humaine, lui, est mal connu. Chez le rat, il provoque des cancers, et endommage les organes reproducteurs. Mais aucune étude épidémiologique n'a été concluante chez l'homme. En 1979, la substance est néanmoins classée cancérogène probable par le Centre International de recherche contre le Cancer.
Pourtant, en Guadeloupe, on continue d’utiliser le chlordécone. Très efficace contre la prolifération du charançon du bananier, il permet aux planteurs qui viennent d’essuyer plusieurs cyclones, de relancer leur activité. Les gros planteurs font d’ailleurs pression sur les autorités pour continuer à utiliser cette molécule déjà fort décriée...