TDA : Depuis quand êtes vous implantés aux Antilles et quelles sont ici vos activités ?
Nous sommes implantés depuis 2006 aux Antilles et travaillons depuis 2004 sur la zone Guadeloupe – Martinique (Guyane). La réalisation de l'état des lieux du district hydrographique de la Martinique et de l'état d'avancement du SDAGE a été une référence importante puisqu’elle a permis l’installation permanente d’une équipe à la Martinique. Nous travaillons depuis à la mise au point des bioindicateurs de l’état des milieux aquatiques (algues, invertébrés en particulier) aux Antilles en partenariat avec les Services de l’Etat (DEAL, ONEMA,…) et les milieux scientifiques (CEMAGREF, UAG). Nous travaillons également à la prise en compte des milieux naturels dans les documents réglementaires (études d’impact, NATURA 2000,…). À ce titre les Antilles sont particulièrement dynamiques pour la prise en compte des débits biologiques (quantité d’eau nécessaire pour permettre le maintien de la vie aquatique). Parallèlement à nos missions de R&D, nous réalisons chaque année de nombreuses missions de surveillance de la qualité des milieux.
TDA : Selon vous, l'environnement et l'aménagement du territoire sont-ils bien pris en compte aux Antilles ou reste t'il des efforts à faire ?
Les métiers de l’Environnement sont aujourd’hui de mieux en mieux pris en compte dans les politiques d’aménagement du territoire, mais nous souffrons encore du manque de moyens et de connaissance liés à une sous-estimation de ces aspects lors des décennies précédentes. Il reste des efforts considérables à faire pour prendre en compte la dimension économique de la préservation de l’Environnement et de la biodiversité et, contrairement à des idées reçues, les sommes et moyens à mobiliser ne sont pas nécessairement très importants au regard des sommes investies pour l’aménagement du territoire. La gestion des espaces, littoraux notamment, de l'assainissement et des déchets nécessitent encore un renforcement important au sein de la stratégie d'aménagement globale. Elle sera le gage d'un développement durable et du positionnement de la qualité de l'environnement au cœur d'un cadre de vie porteur pour le développement touristique et économique des Antilles. Aujourd’hui nous notons cependant que la dimension citoyenne et politique se développe. Il reste cependant un enjeu de taille : le renforcement des compétences locales en termes de formation et de gouvernance, un des objectifs forts d’ASCONIT Consultants est de participer au développement pérenne de ces ressources aux Antilles, notamment à travers une politique de développement des emplois.
b[TDA : Quels sont les projets les plus importants pour ASCONIT sur les Antilles ?]b
Sans conteste les conséquences de l’application de la Directive Cadre sur l’Eau. Les DOM en général (et les Antilles ne sont pas en retard) doivent faire face à des lacunes de connaissance pour répondre aux échéances de cette Directive. Et aux objectifs de surveillance. Nous réalisons ainsi 5 Atlas (diatomées continentales et marines, invertébrés) en collaboration avec le CEMAGREF, l’UAG, l’ARVAM ou l’Université de Toulouse pour la mise au point d’indices de bioindication. À noter qu’en Décembre 2010, nous avons organisé avec la DEAL Martinique un colloque international sur la bioindication tropicale et aujourd’hui les Antilles sont en pointe au niveau mondial. ASCONIT Consultants est d’ailleurs en train de monter un projet pour créer un Centre International de Formation aux Antilles. En parallèle à ces outils, nous travaillons activement sur les problématiques de pollution, notamment dans le cadre des suivis Chlordécone.
TDA : Que faut-il faire selon vous pour améliorer la prise en compte de l’environnement aux Antilles, notamment dans les politiques publiques ?
Les politiques publiques doivent s’appuyer sur des ressources locales qualifiées et il existe un déficit objectif de ressources humaines pérennes dans ces champs de compétence. Développer des formations locales et une culture de l’Environnement semble une priorité citoyenne et politique. Il faut, pour se faire, une politique d’investissement pour améliorer l’attractivité de ce secteur aux rebondissements inattendus. L’émergence d’une offre de communication dédiée à ces aspects semble également fondamentale, car les Antilles ont tout pour être une vitrine internationale sur ces aspects. Le "savoir faire" de nos structures doit en effet être accompagné d'un "faire savoir" auprès des collectivités locales et des aménageurs (dont les privés). La communication sur nos métiers permet ainsi de leur proposer un accompagnement dans leurs projets, en s'appuyant sur des expériences partagées ou acquises dans de nombreux autres projets en France, en Europe et à l'International.
TDA : Quelques chiffres clés aux Antilles ?
Aux Antilles, ASCONIT Consultants possède deux agences, une en Guadeloupe, l'autre en Martinique et avec une dizaine de personnes offre ses services tant aux entreprises qu'aux collectivités ou aux institutions. ASCONIT Consultants développe des relations étroites avec PARETO dans le domaine de l’Environnement marin (essentiellement dans les Dom-Tom).
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