H1N1 - pomme de terre OGM : même combat ?

Pour la première fois depuis douze ans, la Commission européenne a donné son feu vert à la culture dans l'UE d'un produit génétiquement modifié, l'Amflora. Problème : comme pour le virus H1N1, où les experts es virus sont financés par les labos, les "experts" de la patate OGM qui conseillent les institutions sont financés par.... les industriels des OGM.




Pas de garantie de non diffusion des OGM dans la nature

Qu'ont donc de particulier ces pommes de terre ? Un gène résistant aux antibiotiques

Or, selon les écologistes, ce tubercule est un sujet d'inquiétude pour l'Organisation mondiale de la santé.

Pourquoi une telle décision ? Bruxelles s'est en fait retranché derrière les avis favorables de l'Agence européenne de sécurité (EFSA) des aliments et a promis tous les contrôles nécessaires sur sa production.

La Commission n'a toutefois pas pu garantir que cette pomme de terre ne se retrouverait pas un jour dans la chaîne alimentaire.

L'EFSA sous le contrôle des multinationales ?

Déjà en juillet 2009 l'EFSA rendait un avis favorable pour la culture du maïs Monsanto OGM MON 810 : décision qui n'a pas surpris puisque l'Autorité européenne a systématiquement rendu des avis positifs sur les Organismes Génétiquement Modifiés, 42 au total.

L'impartialité de l'EFSA est depuis fortement remise en cause, par les associations de défense de l'environnement, mais également par certains ministres de l'environnement des pays membres de l'Union Européenne qui ont décidé d'appliquer un moratoire sur le MON 810.

Mais les compromissions de cette agence semblent dater de sa création. Depuis 2002, date de création de l'agence, leurs méthodes de travail et leur indépendance sont contestées.

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts et chef de file d'Europe Ecologie aux régionales en Ile-de-France, dénonce des "perméabilités entre les membres de l'agence et les industriels des biotechnologies" qui empêchent une "expertise scientifique indépendante sur les OGM".

Quelles sont les relations qu'entretiennent les membres de l'EFSA avec l'industrie des biotechnologies ?

Il est avéré qu'il existe une perméabilité entre les membres de l'Agence européenne de sécurité des aliments et les industriels des biotechnologies.

L'ancienne coordinatrice du groupe OGM de l'agence, Suzy Renckens, est par exemple devenue salariée de Syngenta, l'un des plus gros semenciers au monde, qui travaille sur les OGM.

D'autres jouent à la fois un rôle au sein de l'agence et comme consultant pour des entreprises liées à des producteurs d'OGM. Ces perméabilités existent et font peser une vraie suspicion sur l'indépendance de l'agence.

Les expertises de ces scientifiques sont-elles crédibles ?

Ils n'ont pas un avis objectif. Ils peuvent difficilement mener des expertises indépendantes sur la question des OGM car ils sont souvent réduits à analyser les études réalisées par les producteurs de semences eux-mêmes. Par exemple, Monsanto, la firme américaine qui détient 80 % des brevets OGM, interdit la vente de ses semences à des fins de recherche scientifique indépendante.

sources :
Le monde

amap

Vendredi 5 Mars 2010
FELICIEN DEBIERRE
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