L’air que nous respirons en Guadeloupe est-il de bonne qualité ?

La réponse est oui, mais … Oui car globalement, la qualité est plutôt bonne. Mais, car la pollution atmosphérique ne connaît pas de frontières. Du coup, nous respirons ici les particules venues d’Afrique et des Etats-Unis. Sans compter celles que nos voitures, toujours plus nombreuses, rejettent.




Une pollution issue des voitures

L’air que nous respirons en Guadeloupe est-il de bonne qualité ?
Les Alizés jouent un double rôle en Guadeloupe. Ils balaient les pollutions que nous produisons (centrales thermiques, rejets des véhicules, …), mais apportent aussi les pollutions du lointain contient Africain. Ainsi, durant toute une période de l’année, les brumes du Sahara traversent l’Atlantique et stagnent sur nos îles, souvent peu ventées à ce moment-là. Ces brumes sont emplies de poussières, des particules fines de moins de 10 microns et de moins de 2,5 microns et elles arrivent en général vers le mois de mai et s’installent plusieurs semaines. Chaque année, leur concentration augmente et cela peut ainsi poser des problèmes aux personnes les plus fragiles (nourrissons, personnes âgées ou asthmatiques). Mais en fin d’année, un autre phénomène participe à la pollution de l’air de la Guadeloupe. Durant le dernier trimestre, GWADAIR, l’association chargée de surveiller et d’analyser la qualité de l’air en Guadeloupe, enregistre une augmentation de la pollution à l’ozone. Cette pollution atmosphérique vient principalement d’Amérique du Nord et elle semble due aux rejets des industries et des automobiles. Si les seuils critiques ne sont pas atteints, cette pollution semble récurrente et concentrée sur les mois de novembre et janvier.
Mais localement aussi nous produisons des pollutions qui se retrouvent dans l’air. Et nos voitures sont les principales incriminées. Le dioxyde d’azote rejeté par les moteurs à combustion se retrouve dans l’air ambiant le long des principaux axes routiers de l’île. Les jours de grosses chaleurs, sans vent, sont alors les pires en la matière. Pour enrayer ce phénomène, une seule solution : privilégier les véhicules les moins polluants ! Les petites voitures ou les moteurs hybrides, la marche, le vélo…. Mais là, il y a encore du travail à faire !



Comment est surveillé l'air en Guadeloupe ?

L’association Gwadair est chargée depuis 2003 de surveiller et d’analyser la qualité de l’air en Guadeloupe. Grâce aux stations de surveillance fixes et mobiles, c’est l’air de tout l’archipel guadeloupéen, de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, qui est aujourd’hui sous surveillance. En 2010 les stations de surveillance ont ainsi pu enregistrer 11 pics de pollution dont, bien sûr, ceux liés à l’éruption de Montserrat (record de 388 microgrammes/m3 d’air mesuré dans la journée du 12 février)


Pic de pollution : commet se protéger ?

La population est informée des pics de pollution par les médias. L’indice ATMO est basé sur la concentration de quatre indicateurs de pollution atmosphérique :
- l’ozone (pollution liée aux rejets automobiles et aux COV (composés organiques volatils))
- le dioxyde de soufre (pollution issue des moteurs à combustion et des centrales thermiques)
- le dioxyde d’azote (pollution issue des moteurs à combustion et des centrales thermiques)
- les particules en suspension ou poussières (pollution liée aux brumes du Sahara ou retombées de cendres des volcans)
L’indice ATMO affiche une valeur de 1 à 10 (photo indice ATMO)
Le seuil d’information a été diminué concernant la pollution due aux particules. Ainsi, en cas de pic de pollution, la population sera avisée plus tôt. Dans ce cas, GWAD’AIR donne l’alerte et les médias prennent le relais. Les personnes fragiles (nourrissons, femmes enceintes, insuffisants respiratoires, asthmatiques, personnes âgées ou malades) sont alors invitées à limiter leurs activités et à rester chez elles. Quant au reste de la population, il lui est conseillé réduire son activité sportive.






Une surveillance mobile sur l'archipel guadeloupéen

L’air que nous respirons en Guadeloupe est-il de bonne qualité ?
C’est à Belcourt, à Baie-Mahault que la première station fixe de surveillance de l’air a vu le jour en Guadeloupe en 2003. En 2004, c’est à Pointe à Pitre que la seconde station a été installée puis, en 2005 une troisième a pris le relais au Raizet. Enfin, en 2007, la zone industrielle de Jarry a été à son tour équipée d’une station fixe.
Depuis, GWADAIR a investi près de 130 000 euros dans une station mobile qui circule aux quatre coins de l’île pour réaliser des campagnes de mesures des pollutions de l’air. Désirade, Sud Basse-Terre, Iles du Nord, Côte au Vent, Saintes, Marie-Galante, Côte Sous-le-Vent et Grande-Terre, aucun territoire n’échappe désormais à la surveillance de la qualité de l’air.




Mardi 5 Juillet 2011
Mariane Aimar
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Antilles-Guyane | Monde