L’éolienne nouvelle génération arrive

L’unique fabricant français d’éoliennes a choisi de se spécialiser dans les éoliennes rabattables destinées aux zones tropicales. Au départ de notre île où il s’est installé en1992, il a exporté sa technologie aux quatre coins du monde et a amélioré sans cesse ses aérogénérateurs. Aujourd’hui, il propose des éoliennes cinquante fois plus puissantes qu’avant, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour cette énergie renouvelable.




L’éolienne nouvelle génération arrive
C’est un gros bébé de 1 MW (mégawatt) que Marc Vergnet est venu présenter en Guadeloupe. Une super éolienne, 50 fois plus puissante que la toute première installée en 1993 à la Désirade. Que de progrès réalisés depuis ! En 1993, les éoliennes affichaient en effet une puissance de 20 kW (kilowatt), en 1997 de 60. Six ans plus tard, elles élevaient leur capacité à 275 kW tout en étant plus silencieuses et plus performantes. En 2009, les éoliennes d’1 kW sont disponibles sur le marché et cela ouvre de réelles perspectives aux pays dont la politique est basée sur le pétrole.

100 % adaptées aux zones tropicales

L’éolienne nouvelle génération arrive
Si la plupart des constructeurs d’éoliennes sont orientés vers les pays « riches », les éoliennes produites par Vergnet sont destinées avant tout aux zones tropicales. « Nous avons dès le départ développé des solutions énergétiques adaptées aux zones difficiles d’accès, aux pays situés en zones sismiques ou cycloniques. Car ces pays, par manque de moyens financiers, ne peuvent investir dans les énergies fossiles et n’arrivent donc pas à assurer à leur population une production électrique suffisante et régulière» indique Marc Vergnet.
Le concept des éoliennes rabattables vient de ce constat, il permet de transporter et d’installer des aérogénérateurs n’importe où, même sur des territoires exigus, montagneux ou insulaires. En cas de cyclone, toutes les éoliennes sont rabattables en peu de temps afin d’être protégées des vents forts. Et grâce à leurs haubans assurant la fixation au sol, elles savent aussi résister aux séismes. « Ce type d’éoliennes concerne un potentiel de 134 pays ce qui représente 1,5 milliard d’habitants » ajoute le fondateur de l’entreprise Vergnet.


Une aventure au départ de la Guadeloupe

L’éolienne nouvelle génération arrive
C’est à la Désirade que l’aventure éolienne de l’entreprise a débuté par le biais de sa filiale Vergnet Caraïbes, entreprise locale chargée de la maintenance et de la réparation des machines. Les premières éoliennes rabattables ont en effet été installées ici pour bénéficier des alizés soutenus et tester le concept anti-cyclonique de ces modèles. Aujourd’hui, 30 centrales éoliennes ont vu le jour aux quatre coins du monde de la Réunion à l’Australie en passant par les îles Vanuatu ou l’Erythrée. La Guadeloupe n’en compte pas moins de 11, sur le continent et ses dépendances et elle pourrait très bientôt accueillir les premières éoliennes d’1 MW, en remplacement des anciennes. Mais Cuba, Saint-Domingue, la Barbade ou encore le Costa Rica se sont déjà positionnés pour acquérir ces nouvelles éoliennes superpuissantes.
La Guadeloupe, fer de lance dans ce secteur, pourrait aussi d’ici quelques années accueillir le premier centre caribéen de formation spécialisé sur les éoliennes. En attendant, l’entreprise Vergnet vient de remporter un très gros marché face aux constructeurs chinois et espagnols. En effet, c’est elle qui a été retenue pour installer 120 MW en Ethiopie à partir de 2009. L’énergie éolienne entre donc désormais dans une nouvelle ère


Vers un tarif de rachat à 15 centimes ?

Si le tarif de rachat de l’énergie produite par les centrales photovoltaïques est actuellement fixé à 0,40 cents d’euro/kWh, celui de l’éolien est à 0,11 cents. Une situation que Marc Vergnet entend dénoncer afin de faire évoluer la filière éolienne. « En cette période de crise énergétique et face à au déclin nécessaire et inéluctable des énergies fossiles, il convient d’offrir aux énergies renouvelables de réelles perspectives de rentabilité. En passant de 11 à 15 centimes, le gouvernement permettrait à toute la filière éolienne de passer à la vitesse supérieure ». Localement, cette aide permettrait d’atteindre les objectifs du PRERURE (Plan Régional de Prospection et d’Exploitation des Energies Renouvelables et d’Utilisation Rationnelle de l’Energie) fixés par la Région. À savoir injecter sur le marché local 50 % d’énergies renouvelables dont près de 25 % issus de la filière éolienne.


Vendredi 5 Décembre 2008
Mariane Aimar
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