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La gestion des déchets fait sa rentréeAprès des années d’inertie et de retards accumulés, le tri sélectif semble enfin démarrer sur notre archipel. L’occasion pour notre île de se refaire une réputation et d’entrer enfin dans le modernisme. Maintenant, reste à chacun à prendre de nouvelles habitudes. Et à résoudre quelques problèmes quant au traitement final des déchets ultimes.À quoi sert le tri ?
Longtemps, la vie était simple. Consommer, jeter nos déchets à la poubelle, attendre le camion de ramassage et oublier. Oublier que tous nos déchets ménagers (600 000 tonnes par an !) terminaient dans des décharges à ciel ouvert, parfois dans la mer et la mangrove. Oublier que tous nos déchets étaient mélangés, porteurs de métaux lourds, de produits chimiques ou corrosifs. C’était facile mais dangereux. À force d’agir ainsi, nous avons pollué nos sols, nos rivières et nos mers. Qui plus est, une mauvaise gestion des déchets signifie aussi une piètre image de notre île. Tous ceux qui y débarquent la trouvent sale et jonchée de déchets. Ce qui n’est pas le cas quand on découvre la Barbade ou Sainte-Lucie. En triant nos déchets, nous allons enfin entrer dans une ère moderne qui a permis a de nombreux pays dans le monde de juguler les effets néfastes de la société de consommation.
Trier pour recycler
Quand les foyers, les entreprises et les collectivités trient leurs déchets, la porte du recyclage et de la revalorisation est ouverte. Car un déchet aiguillé vers la bonne filière de recyclage devient une « matière première », une « ressource » qui peut ensuite être réintégrée dans un circuit de production. Il en est ainsi des bouteilles d’eau qui, une fois réduites en billes de plastique, sont transformées en bidons, en tubes ou même en fibres de vêtements.
Aujourd’hui, les principales filières de recyclage sont en place en Guadeloupe et ne peuvent fonctionner par manque de déchets. Leur survie économique en est même menacée. Des filières en place mais sous exploitées Actuellement, l’usine Ecodec est opérationnelle pour le tri des emballages plastiques et déchets industriels banals (DIB). Elle peut également recycler les pneumatiques. Les déchets industriels banals peuvent aussi être pris en charge par la Caribéenne de Recyclage. Sita Verde de son côté gère les déchets organiques (déchets verts). AER se charge des déchets métalliques, des véhicules hors d’usage (VHU) et des DEEE (déchets d’Equipements Electriques et Electroniques). SNR gère également les VHU, les piles et accumulateurs et les DEEE. Enfin, SARP et Karukera Assainissement s’occupent des déchets dangereux, pétroliers et des hydrocarbures. Le principe de l’apport volontaire
Le système mis en place en Guadeloupe est celui de l’apport volontaire. C’est-à-dire que nous sommes tous invités à trier nos déchets chez nous pour ensuite les apporter aux bennes prévues à cet effet. Il est d’ailleurs regrettable qu’une véritable collecte sélective à domicile n’ait pas été mise en place car les expériences menées en Europe ou aux Etats-unis démontrent que seul ce système est vraiment efficace. L’apport volontaire nécessite un gros effort de la part du citoyen et il n’est pas sûr que le Guadeloupéen soit prêt à se mobiliser pour ses déchets.
La Guadeloupe à la traîne
Le premier PDEDMA (Plan Départemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés) établi en 1997 est loin d’avoir atteint ses objectifs. En effet, il ressort de son bilan de 2005 que :
- sur 52 installations (centres de stockage, de recyclage et de traitement) prévues sur tout le territoire guadeloupéen, seules 12 sont effectivement en place et 13 en projet. - la collecte des déchets à la base reste peu efficace, avec par exemple : - 5,7 % des gisements d'encombrants collectés - seulement 400 m3 de boues de station d'épuration valorisées - 2,1 % du gisement des déchets verts traités par compostage En résumé, seuls 4 à 5 % des déchets ménagers et assimilés sont valorisés en Guadeloupe. Et seulement 1% si l’on ne tient compte que des ordures ménagères ! En mai 2008, la Commission européenne a d’ailleurs mis en demeure la France de fermer les décharges encore présentes sur son territoire sans autorisation ou en dehors des mesures provisoires. Sur ces 26 décharges montrées du doigt, 14 étaient situées en Guadeloupe. Depuis, et sous la pression des autorités, 9 ont été fermées sur l’île (et celle de Saint-François suivra fin septembre). Il faut dire que la responsabilité personnelle des Maires pouvait être engagée pénalement en cas d’inaction… A ce jour, les communes dont les décharges ont été fermées doivent acheminer leurs déchets vers le centre de stockage de Sainte Rose ou vers la Gabarre. Un nouveau PDEDMA
Le nouveau PDEDMA adopté en 2008 prévoit quant à lui 3 installations de traitement des déchets ménagers. Celle de la Gabarre pour les communes appartenant au SICTOM Gabar’Belle. Celle du Sud Basse terre pour les 10 communes affiliées au SYMCTOM et une troisième dans le nord de la Basse-Terre pour les trois communes du secteur.
Mais le PDEDMA prévoit également un développement fort et rapide des collectes sélectives et la collecte sélective des déchets (emballages). À ce jour, les choses évoluent, mais des blocages demeurent. Difficultés d’entente entre les communes ou entre communes et syndicats intercommunaux, au milieu de ces histoires de gros sous, tout le monde tire la couverture à lui. Pourtant, à l’échelle d’une site petite zone géographique, la création d’un syndicat unique de gestion des déchets ménagers pourrait être une solution intéressante. Avec à la clé, réduction des coûts, optimisation des ressources et accélération des projets. Mais pour cela il faudrait que les collectivités de la Guadeloupe travaillent main dans la main. Lundi 7 Septembre 2009
Mariane Aimar
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