La taxe carbone à 14 euros par tonne de CO2

François Fillon a annoncé que le montant de la taxe carbone serait fixée à 14 € par tonne de CO2, sans hausse des prélèvements obligatoires et qu'elle ne concernerait pas l'électricité.




"Nous avons décidé d'appliquer de façon progressive cette taxe. En partant du prix de la tonne sur le marché, soit 14 euros. Ensuite, nous mettrons en place une commission indépendante chargée de mesurer les effets de la politique mise en œuvre et de proposer des correctifs" , affirme le chef du gouvernement.
François Fillon se veut également rassurant en affirmant que l'introduction de la taxe carbone n'entraînera pas de hausse des prélèvements obligatoires. "C'est un transfert de fiscalité, pas une taxe nouvelle" , assure le Premier ministre. "Pour les entreprises, elle sera compensée par une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements. Les ménages, quant à eux, bénéficieront d'une diminution de la fiscalité sur le travail, soit par l'impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales" , précise François Fillon tout en ajoutant "qu'il est hors de question d'appliquer uniformément ce dispositif à des Français qui ont le choix et à d'autres qui ne l'ont pas".

De nombreuses voix s'élèvent contre cette taxe, initialement appelée Contribution climat énergie (CCE). Les écologistes de France Nature Environnement regrettent que "le gouvernement refuse toujours d'introduire l'énergie électrique dans l'assiette de la taxe et que le taux soit fixé à 14 euros, contrairement aux préconisations de la conférence d'experts présidée par Michel Rocard" . Selon la fédération, "le Gouvernement s'écarte encore du projet de contribution climat énergie qui vise, non pas à créer un effet de report vers l'électricité nucléaire mais une baisse de la consommation d'énergie en général".
Autre mécontent, le réseau Sortir du Nucléaire qui dénonce "un système de soutien à l'industrie nucléaire".
Pour Nicolas Hulot, " l'essentiel est d'agir vite et d'inscrire ce projet dans une loi de finance rectificative pour gagner deux mois. L'idée est d'anticiper, parce qu'on va être condamnés à consommer moins d'énergie" , a-t-il déclaré mercredi sur Europe 1. "Il faut que les gens se préparent, changent leurs comportements. C'est un problème de masse, ce ne sont pas simplement que les riches qui polluent, malheureusement c'est tout le monde, c'est la réalité", a-t-il précisé.

Jeudi 10 Septembre 2009
FELICIEN DEBIERRE
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