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Le Moule carbure au vertPionnière en matière de développement durable, la commune du Moule ne manque pas d’énergies humaines (renouvelables). Pour preuve, elle vient d’embaucher deux ingénieurs en environnement, travaille sur de nombreux projets verts et en entend bien faire rimer écologie avec économie.
Riche d’une façade maritime exceptionnelle, d’un bourg dynamique et d’un vaste territoire agricole, la commune du Moule n’a pas hésité, il y a plusieurs années déjà, à s’engager sur la voie du développement durable. C’est sur son territoire que l’on trouve la première déchetterie de l’île -construite un peu trop tôt, les filières de recyclage n’étant pas encore en place à l’époque-, une éolienne devenue l’égérie du boulevard maritime et surtout 3000 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toitures des infrastructures communales. « Ce projet de toits solaires est parti d’un constat simple : comment réduire la facture énergétique de la commune, de 400 000 euros par an, et intégrer dans nos plans de développement l’enjeu du réchauffement climatique ? » rappelle Jean-Luc Romana, directeur de cabinet de la Mairie. « La solution était de devenir nous-mêmes producteurs d’électricité, ce que nous avons fait en équipant écoles et centre technique de centrales photovoltaïques ». Si l’installation appartient à BP Solar pour 10 ans, la commune deviendra propriétaire de droit à l’échéance et pourra alors revendre à EDF l’électricité produite, soit environ 180 000 euros par an. En matière d’autonomie énergétique, Le Moule a ouvert d’autres débats : installer des champs solaires, changer les ampoules de l’éclairage public par des LEDS et créer sur la zone de Gardel un véritable pôle régional de production d’énergies renouvelables.
Un pôle ambitieux
La centrale bagasse-charbon est sur la commune du Moule, elle aura doublé sa capacité d’ici 2011. Partant de ce constat, la commune a essayé au travers de son PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) de planifier tout autour du site de Gardel un projet d’aménagement dédié à la production d’énergie. Le site étant appelé à devenir un point de départ important pour la production électrique, différentes idées se font jour tant au niveau des privés que des collectivités publiques. Parmi celles-ci, l’implantation d’une centrale éolienne et d’une ferme solaire qui permettraient de regrouper la production énergétique sur un même site et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Comme par exemple, l’installation d’une unité de fabrication d’éoliennes avec son corollaire, un centre de formation dédié aux énergies renouvelables.
Photo : Jean-Luc Romana, directeur de cabinent de la Mairie du Moule et Maurice Anselme, le nouveau directeur de l’environnement et du développement durable de la commune. Une meilleure gestion des déchets
Mettre en place une meilleure collecte des ordures ménagères, développer le tri sélectif, tels sont les objectifs de Maurice Anselme, arrivé à la mairie il y a cinq mois. Ingénieur en agriculture, en environnement et en aménagement local, il a travaillé au Parc national puis à la DIREN avant d’intégrer le poste de directeur de l’environnement et du développement durable. Aidé par Pascal Suenon, ingénieur agricole, il a dû, dès son arrivée, gérer le dossier de la décharge de Blanchard qui n’est pas une mince affaire. « D’une part, le coût de fermeture et de réhabilitation, 3 millions d’euros, est très important pour la commune, mais d’autre part, nous devons assurer le suivi du site pendant 15 ans. Vérifier que la nappe phréatique de Grippon n’est pas contaminée et s’assurer que le site n’est plus utilisé par les riverains » indique Maurice Anselme. Mais au-delà, le directeur de l’environnement du Moule est chargé de gérer les 21 t d’ordures ménagères générées chaque jour par les habitants de la commune. Un dossier complexe et coûteux. En adhérant au SICTOM Gabar’Belle, le Moule bénéficie du groupement de commandes et s’est ouvert les portes de filières de recyclage performantes. « Les bacs d’apport volontaire de tri vont être changés, leur nombre passera de 36 à 42 et ils seront vidés plus souvent grâce au partenariat du SICTOM », souligne Maurice Anselme. Dans le même temps, la déchetterie sera modernisée et agrandie pour un coût global de 400 000 euros.
Réorganiser la collecte et impliquer les Mouliens
La collecte des ordures ménagères est aussi en cours de réorganisation. Celle du centre bourg a ainsi été privatisée afin d’améliorer le service aux usagers et, dans les autres zones, le camion-poubelle passe désormais tous les deux jours. Mais la commune s’emploie aussi à aider les administrés à gérer leurs autres déchets : électroménagers, déchets électriques ou électroniques, déchets verts sont bien sûr accueillis à la déchetterie mais ils pourront être à terme ramassés aussi chez les particuliers lors de tournées dédiées. « Il faut savoir que la gestion des ordures ménagères revient de droit à la commune. Avec les obligations européennes auxquelles nous sommes soumis, les décharges sauvages doivent fermer et la collecte se faire selon des règles bien précises. Or, cela a un coût. Avant, il était de 150 000 euros par an pour la commune du Moule. Désormais, il est de 800 000 euros. Il est bien évident que nous avons dû par conséquent augmenter la taxe d’enlèvement sur les ordures ménagères » ajoute Jean-Luc Romana. Et si l’effort réalisé par la Mairie est lourd, il ne doit pas faire oublier que les administrés ont eux aussi un rôle à jouer dans la gestion des déchets. « Il y a encore un gros travail à faire pour que les gens s’approprient leur territoire et comprennent que leurs déchets les concernent. Ils doivent utiliser les poubelles, trier, emporter leurs déchets quand ils quittent la plage. Sans cet effort de tous, nous n’y arriverons pas » martèle le directeur de cabinet.
Bientôt une nouvelle station d’épuration Autre problématique majeur de la Commune, le sous-dimensionnement de la station d’épuration actuelle. Un nouveau projet a donc vu le jour avec l’implantation d’une station prévue dans le quartier de Guénette. Celle-ci sera dimensionnée pour 15000 à 25000 équivalent habitants et les travaux devraient démarrer en 2010. Parc paysager de Damencourt, la mangrove au cœur de la ville
Après la création de la ZAC de Damencourt qui draine désormais de nombreux habitants du Nord Grande-Terre, la Commune du Moule a aménagé la mangrove présente sur le site. Dans bien des cas, une telle mangrove aurait été remblayée et aménagée en parking ou commerces. Ici, elle a été intégrée au paysage, mise en valeur par un éclairage nocturne et aménagée avec une passerelle en bois qui permet de la traverser. Et c’est un succès. Les Mouliens s’y promènent, observent ces étranges palétuviers aux racines aériennes et découvrent la mangrove sous un nouveau jour. Reste que tout un chacun doit encore apprendre à respecter les mangroves et à ne pas y jeter ses ordures…
Jeudi 10 Septembre 2009
Mariane Aimar
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