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NOTOX : le surf fait sa révolution écologique sans concessions sur la performanceSouvent associé à une image « verte », le surf est pourtant un pur produit industriel : tissus de verre, mousse polyuréthane ou polystyrène, résines epoxy ou polyester, acétone, etc. Conçue depuis les origines par des artisans shapers, cette fabrication a rarement fait l’objet de recherches pourtant fondamentales concernant l’impact environnemental, la gestion des déchets et la santé des acteurs de la profession. Jusqu’à ce que NOTOX voit le jour…Une inflexion majeure dans le monde du surf
En décembre 2005, l'usine américaine Clark Foam, premier fournisseur de l’industrie du surf en pains de mousse polyuréthane ferme ses portes. La raison ? L’utilisation de produits chimiques particulièrement nocifs sur les ouvriers et sur l’environnement tels que le TDI ou le toluène, finalement interdits aux USA. C’est le point de départ de l’aventure Notox.
En effet, avec l’arrêt de cette production, le monde du surf est en émoi. Problématiques d’approvisionnements et diffusion de l’information sur les impacts environnement/santé du polyuréthane mettent en péril l’activité des shapers. En France, Benoît RAMEIX, shaper à Anglet, parle de ses doutes à ses amis Dominique VILLENAVE et Pierre POMIERS. Le premier est spécialiste en robotique mobile, l’autre docteur en informatique embarquée, et bien sûr, tous sont des surfers passionnés. Ensemble, ils décident de s’intéresser de très près aux process de fabrication et aux matériaux utilisés dans le surf. Naissance du LAB Notox en 2009 Quoi de mieux que l’industrie de l’aéronautique pour tout savoir des process, des risques, des produits, de la législation, etc. dans le secteur des composites ? C’est donc du côté de l’industrie que NOTOX a d’abord fouillé pour lancer sa démarche pilote en matière de surf « vert ». L’objectif : réduire les impacts environnementaux et préserver la santé des travailleurs du surf. L’idée : initier un process global de Recherche et Développement sur la base de chiffres concrets et d’une thèse médicale : le LAB. En 2009, après 4 années, Notox lance un atelier révolutionnaire conçu sur un principe de mutualisation. Ouvert à tous les professionnels, il est doté de salles de shape, de ponçage et de stratification offrant le nec plus ultra de l’équipement destiné à réduire au maximum les nuisances potentielles de l’activité, tant sur l’humain que sur l’environnement. NOTOX crée le premier circuit de recyclage PSE
Les surfs sont taillés dans des blocs de mousse. Une fois découpée, une planche de surf de 3 Kg génère environ 2 fois son poids en déchets PSE ! Traditionnellement, ces déchets sont envoyés en décharge professionnelle pour enfouissement technique en profondeur. Le recyclage étant l’une des composantes essentielles de toute démarche environnementale, NOTOX a mis en place une filière de recyclage à l’échelle régionale.
Résines et tissus intégrés dans la boucle du recyclage La réflexion de bio conception NOTOX s’est bien entendue aussi attaquée à l’étape de stratification / glaçage des planches de surf. Côté santé tout d’abord avec une résine epoxy biosourcée française, des solvants non volatiles et non agressifs au toucher et la réalisation d’un tunnel de glaçage. C’est une salle dotée d’un mur aspirant / filtrant les émanations des styrènes sur l’intégralité du volume de la pièce. Enfin, une catalyse des composés COV volatiles résiduels se déroule la nuit venue à l’aide d’une installation à courant photo-électrique. Question recyclage, les chutes de tissu sont récupérées pour la réparation nautique ou la fabrication de plastiques noirs. Une salle de ponçage qui élimine un maximum de poussières Le lab NOTOX est équipé avec des ponceuses connectées à un système d’aspiration à filtration absolue et d’ un mur d’aspiration central de l’air de la pièce. La plupart des poussières sont ainsi éliminées. Au final, des planches de surf 100% bio sourcées et ultra performantes
NOTOX fait une fois de plus très fort avec une innovation majeure : l’utilisation de tissu de lin. En plus d’être 100% naturel, le lin de NOTOX présente un atout essentiel : il est tissé de manière unidirectionnelle, ce qui confère à la planche une réactivité exceptionnelle. Grâce à un système d’imprégnation sous vide et à un badigeonnage léger, seulement 30% de résine sont nécessaires pour fabriquer un surf chez NOTOX, contre 60% dans les ateliers classiques. Cela permet au final d’obtenir des planches plus légères, très réactives et ultra-résistantes à la pliure.
NOTOX cartonne Et l’avenir ? NOTOX a d’autres projets dans ses cartons en partenariat avec le CNRS. Le LAB est déjà sur un projet de surfs en cartons alvéolés hydrofuges qui pourront se combiner avec des composites 100% naturels. Avant d’aborder d’autres concepts à base de fibre de cellulose générant leur propre résine. No Tox présent en Caraïbe
En choisissant de sponsoriser le surfeur Rafaël Debierre, membre du pôle Espoir Guadeloupe, NOTOX s’assure une visibilité dans toute la Caraïbe. En effet, présent à la fois sur les compétitions régionales et caribéennes, Rafaël fera ainsi connaître ces nouveaux surfs écolos. Une image qui lui correspond bien puisqu’il participe depuis plusieurs années déjà à des opérations de protection de l’océan. Déjà présent dans le Team Electric, le jeune guadeloupéen est désormais bien équipé pour affronter les vagues de la caraïbe… et d’ailleurs.
Mardi 6 Septembre 2011
FELICIEN DEBIERRE
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