Notre littoral toujours mieux protégé

En 10 ans d’existence, le Conservatoire du Littoral a participé activement à la protection de notre littoral. Fragile, menacée par de nombreuses pressions humaines, cette bande de terre du bord de mer est pourtant riche d’une faune et d’une flore exceptionnelles et joue également un rôle important face à la montée des eaux liées aux cyclones et aux tsunamis.




Notre littoral toujours mieux protégé
Le Conservatoire du Littoral protège aujourd’hui 8200 hectares en bord de mer. Mais sa démarche va au-delà puisqu’il en assure aussi la valorisation et l’ouverture au public. Notre littoral est composé aussi bien de mangroves, de forêts marécageuses et d’îlots, tous aussi fragiles et malmenés. C’est pourquoi, le Conservatoire du Littoral a acquis au fil des ans les sites les plus menacés de la Guadeloupe pour les placer sous sa protection. Près de 8200 hectares sont aujourd’hui entre ses mains dont 6000 hectares de forêts marécageuses et de mangroves, principalement dans le Grand-Cul-de-Sac marin.

Arrivé à la tête du Conservatoire du Littoral lors de sa création en 2001, Gérard Berry, son directeur, a eu bien du pain sur la planche. Car, à l’époque, cet espace naturel n’était absolument pas respecté, fortement convoité, pollué et squatté… Le Conservatoire a donc commencé par faire connaître son rôle auprès des institutions, des collectivités et du grand public. Dans la foulée, il a commencé à faire appliquer les règles et lois propres aux sites protégés, puis entrepris des travaux de valorisation et d’ouverture des sites au public. C’est ainsi à lui que l’on doit le réaménagement des Marais nord de Port-Louis, la création du sentier de découverte de la mangrove, la tour d’observation… Le littoral du Gosier autour de Saint-Félix a également été mis en valeur, tout comme la plage de Bois Jolan. Au-delà, le Conservatoire du Littoral a placé sous sa protection des espaces plus vastes comme les Monts caraïbes, l’îlet Cabrits, le tout représentant désormais plus de 170 Km de linéaire côtier. Dans les prochaines années, un sentier littoral de la Guadeloupe permettra de faire le tour de notre île par la côte. Un vaste projet, loin d’être abouti, mais qui ravira tous les amateurs de randonnée ou simples promeneurs de dimanche …

Un littoral toujours menacé
Mieux protégé, le littoral de la Guadeloupe n’en est pas moins menacé. La mer, tout d’abord, en grignote chaque année quelques précieux centimètres. Érosion naturelle oblige, certaines plages ont perdu au fil des ans plusieurs mètres de largeur ou ont vu une bonne partie de leur sable disparaître. Mais l’homme aussi exerce de fortes pressions sur la bande littorale. Constructions illicites, décharges sauvages, comblement des mangroves, toutes ces mauvaises habitudes ne font qu’augmenter les effets dévastateurs de la nature. « Le zonage mis en place sur les 50 Pas géométriques, les règles d’urbanisme (Loi Littoral de 1986…), doivent être respectés par tous, particulièrement par les collectivités. Le développement économique doit se faire dans les zones dédiées à cela sans affecter ou détruire les zones naturelles. Cela permettra un juste équilibre entre développement économique et protection de l’environnement : construire sans détruire » indique Gérard Berry, directeur du Conservatoire du Littoral.


Un rôle majeur face aux cyclones et tsunamis

La côte possède une végétation diversifiée et qui participe à la beauté de nos plages. Raisiniers, cocotiers, catalpas mais aussi forêts du littoral et mangroves sont autant d’espaces naturels riches de biodiversité. Oiseaux, tortues, crabes, poissons y ont élu domicile et jouent un rôle économique direct pour la pêche et le tourisme. De surcroît, notre littoral joue, rappelons-le, un rôle majeur dans la prévention des houles cycloniques et des tsunamis. En effet, dans notre région soumise à toutes les catastrophes naturelles majeures, les mangroves sont nos meilleures alliées contre les montées des eaux. Les racines des palétuviers permettent en effet de casser la houle et de freiner l’élévation du niveau de la mer. Tout comme les récifs coralliens qui amoindrissent l’effet des vagues sur le littoral.
À nous de respecter ces espaces qui sauront, en cas de cyclone ou tsunami, préserver des vies.




Notre littoral toujours mieux protégé
Moins de pertes humaines en cas de tsunami
Depuis le tsunami dévastateur qui a frappé l’Asie du sud-est, une zone riche de mangroves à l’origine, un autre regard se porte sur cet écosystème. Il a ainsi été démontré à travers toutes les observations faites sur les terres exposées que les franges littorales composées de denses mangroves avaient subi moins de pertes humaines et moins de dommages matériels que les autres.
Source : Union International pour la Conservation de la Nature


Jeudi 30 Juin 2011
FELICIEN DEBIERRE
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