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Protéger et sauvegarder 2 600 ha de forêt littorale, un enjeu pour la GuadeloupeAvec 238 ha à Porto-Rico, 15 ha en Martinique, quelques petits massifs en Dominique et à Ste-Lucie, la forêt marécageuse n’existe pratiquement plus dans les Antilles. Sauf en Guadeloupe où cette forêt-mangrove occupe encore 2 600 ha essentiellement autour du Grand Cul-de-sac Marin. Un patrimoine qu’il est urgent de préserver, de sauvegarder et de développer.
3 siècles de destruction de la mangrove
La destruction de la mangrove et de la forêt marécageuse est la conséquence directe et unique de l’activité humaine depuis 300 ans. Cette destruction s’est opérée en deux périodes distinctes. La première est liée aux besoins en bois des sucreries et à l’extension des zones cultivables et d’élevage. La deuxième, plus récente, est la conséquence des aménagements structurels du département : urbanisation, routes, voies d’accès, zone artisanale de Jarry. Utilité de la mangrove et de la forêt marécageuse Le rôle le plus spectaculaire de la mangrove est de protéger les terres des effets dévastateurs des houles cycloniques et des tsunamis. Ces zones humides servent tout à la fois de bassins de décantation naturels limitant l’envasement des écosystèmes marins côtiers (herbiers, coraux), de puits de carbone par élaboration de sédiments tourbeux, d’habitat pour des espèces consommées localement (palourde grise, crabes, gibiers d’eau). L’ONF Guadeloupe à la reconquête de la forêt marécageuse Dans le cadre du programme InterReg IV Caraïbes, l’ONF Guadeloupe pilote un projet de reconquête de la forêt marécageuse sur le site de Golconde (commune des Abymes). En coopération avec l’Université des Antilles et de la Guyane, des plantations expérimentales de mangles médaille (pterocarpus officinalis) sont réalisées dans des prairies inondables jouxtant la forêt existante. Le principal obstacle à la replantation réside dans l’importance de la couverture herbeuse qui étouffe la croissance d’autres plantes. A terme, ce sont de grandes étendues de prairies en continuité de la forêt marécageuse subsistant qui doivent redevenir des forêts nécessaires pour contrebalancer la menace qui pèse sur l’écosystème, due à la hausse prévisible du niveau marin. L’ultime sauvegarde de la forêt marécageuse de Jarry C’est une bataille de la dernière chance qui est engagée sur la zone de artisanale de Jarry (commune de Baie-Mahault). En effet, sur les 800 ha de mangrove et de forêt marécageuse à l’origine, 200 ha ont cédé la place, en 30 ans, à l’implantation de plus de 2 300 entreprises et de nombreuses routes et aménagements divers. Cette colonisation de l’espace naturel sensible qu’est la mangrove a été réalisée en « ignorant » nombre de lois existantes qui s'imposent normalement sur le domaine public lacustre et maritime. Dépôts sauvages, remblais, véhicules usagés, ont été jetés au plus près des chantiers dans la mangrove. L’important est désormais de sauver ce qu’il reste de la forêt marécageuse, ce à quoi s’attaquent conjointement l’ONF Guadeloupe et la ville de Baie-Mahault en délimitant les zones à protéger par la pose de barrières dissuasives. Dès à présent le résultat est visible. Depuis la pose des premières barrières le bord de la route de la Martingale, côté forêt, offre un aspect naturel où seule la végétation s’épanouit. Ce travail de délimitation physique porte ses fruits. Il reste à terminer cet important chantier de protection de la mangrove qui n’atteindra pleinement son but qu’avec la participation citoyenne. Jeudi 9 Février 2012
Pierre Aimar
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