Quand économie rime avec écologie

L’eau semble abondante sur notre île tant les rivières sont nombreuses et les pluies régulières. Pourtant, comme partout sur la planète, notre eau est menacée de pollution, coûteuse à acheminer jusqu’à nos robinets et à purifier en aval. Sans oublier que durant le carême, elle manque cruellement aux habitants du nord Grande-Terre.




Quand économie rime avec écologie
L’île de Basse-terre compte plus de 50 cours d’eau à écoulement permanent tandis que la Grande-Terre se contente de quelques ravines le plus souvent asséchées. Pourtant, les besoins en eau se répartissent sur l’ensemble de la Guadeloupe et jusque dans les dépendances les plus éloignées. De Marie-Galante à Port-Louis en passant par la Désirade ou Le Moule, les cultures ont besoin d’eau tout comme les agglomérations et les industries. Non loin de chez nous, les îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, faute de ressources en eau suffisantes, ont dû s’équiper d’une usine de dessalement. L’eau coule donc dans les robinets mais à un prix très élevé car le procédé de traitement est très coûteux (plus de 4 euros le m3).

Une eau menacée

Quand économie rime avec écologie
Abondante en apparence, l’eau en Guadeloupe sait aussi se faire rare. Pendant le carême notamment, période où les cultures sont assoiffées et nécessitent un arrosage quotidien. Mais, tout au long de l’année, 53% de l’eau produite se perd en chemin du fait de l’état obsolète des canalisations. L’eau qui arrive à notre robinet est donc précieuse et doit être consommée avec parcimonie. D’autant que les procédés de traitement de l’eau (pour la rendre potable) sont de plus en plus coûteux. De surcroît, dans certaines zones de la Basse-Terre, la pollution des cours d’eau et des points de captage par les pesticides utilisés dans les bananeraies entraîne des surcoûts supplémentaires. Depuis la grande crise de 2000, certains captages ont dû être fermés et les autres équipés de filtres à charbon actif afin d’assurer la distribution d’une eau potable indemne de pesticides.

Photo : Durant les carêmes secs, c’est tout le Nord Grande-Terre qui souffre du manque d’eau

Les eaux marines sous surveillance

Si les cours d’eau sont régulièrement contrôlés par la DIREN (26 points de mesure en Guadeloupe continentale), les eaux marines sont également sous surveillance. Car en milieu insulaire, toutes les pollutions ruissellent jusqu’à la mer. Des contrôles sanitaires des eaux de baignade notamment sont effectués par la DSDS et analysés par l’Institut Pasteur de l’île. Un réseau national d’observation de la qualité du milieu marin, coordonné par l’IFREMER a été mis en place en 2002 sur 5 points du Grand-Cul-de-Sac-Marin. Le réseau local quant à lui vérifie 19 points sur l’ensemble du littoral. Globalement, nos eaux sont jugées bonnes avec des exceptions pour certaines zones au niveau des pesticides, des matières phosphorées (liées aux rejets domestiques et aux engrais), des nitrates (liés à l’agriculture et à l’élevage), des matières azotées (eaux usées urbaines et industrielles, engrais) et des matières organiques.

L’eau en chiffres

Quand économie rime avec écologie
À l’échelle de la planète, plus d'1,2 milliards d'habitants n'ont toujours pas accès à l'eau potable.
Environ 63 millions de m3 d’eau sont distribués en Guadeloupe chaque année, dont 53% se perdent dans des canalisations vétustes.
La consommation journalière par habitant est de 213 litres en moyenne.
6 % des logements ne sont toujours pas desservis par l’eau potable.
60% des logements ne sont pas raccordés à un réseau public d’assainissement.

Photo : L’eau peut être abondante, comme ici au Brésil, mais les habitants ne bénéficient pas toujours d’un réseau d’eau potable accessible.

Préserver l'eau dans la maison

La récupération d'eau de pluie
Que vous n'ayez pas accès à l'eau du réseau ou que vous souhaitiez faire des économies, il existe des solutions assez simples à mettre en œuvre !
La première consiste à connecter vos gouttières à une citerne d'eau. Aujourd'hui disponibles en PVC, les citernes se déclinent en 1000, 2000, 3000 ou 4000 litres (voire plus) et peuvent s'enterrer. Loin des regards, elles se font oublier et ne constituent donc plus un frein esthétique à votre maison. Pour fonctionner, elles auront bien sûr besoin d'être reliées à votre réseau de plomberie et pourront être dotées pour un confort d'utilisation maximal d'un surpresseur électrique. Ainsi équipée, votre maison possèdera suffisamment de réserves pour prélever le minimum d'eau sur le réseau public en saison des pluies.
À savoir : l’eau de citerne est destinée à alimenter le réservoir des toilettes, l’eau du lave-linge, l’arrosage du jardin ou encore l’alimentation de la piscine.


Les économiseurs d’eau
Très en vogue, les économiseurs d’eau (ou réducteurs de débit) ne sont pas qu’une mode. Bien au contraire, ils garantissent de véritables économies d’eau. Économies qui se retrouvent sur au final sur la facture. Ainsi en équipant les points d’eau principaux de la maison (cuisine et douche), on peut atteindre une économie de 40 à 60 %. Pour ce faire, il suffit d’installer des réducteurs de débit (des petits filtres équipés d’un tamis) sur les robinets et le tour est joué. En ajoutant à cela, des gestes simples comme éteindre l’eau entre deux utilisations ou limiter l’usage de la baignoire au profit de la douche, on réalise de vraies économies. À la fois utiles pour le porte-monnaie et la planète.

En savoir plus sur les économiseurs d'eau

Les astuces anti-gaspi et anti-pollution
Pour économiser l'eau dans la maison, les solutions sont nombreuses. Car en modifiant nos comportements quotidiens ou en faisant la chasse aux fuites, on fait déjà beaucoup !
Changez régulièrement les joints et n'attendez pas devant un joint qui fuit. En effet, un simple robinet qui goutte représente 35m3 d'eau gaspillée par an !
Faites tourner lave-linge et lave-vaisselle uniquement quand ils sont pleins.
Optez pour des WC équipés d'un système de double chasse d’eau ou installez dans le réservoir un « sani-sac » qui réduit le volume d’eau nécessaire
Coupez l'eau pendant le lavage des dents ou des mains.
Arrosez votre jardin à la fraîche et optez pour un système goutte à goutte.

Pour éviter de polluer l'eau, n'oubliez pas ces gestes simples :
Proscrivez autant que possible l'utilisation d'un déboucheur liquide. Très agressif, ce produit riche en soude caustique, cause de nombreux dommages à l'environnement. Utilisez plutôt une ventouse en caoutchouc ou démontez le siphon bouché.
Limitez les doses d'eau de javel et recourez à des produits moins forts.
Ne jetez aucun médicament, huile de vidange ou peinture dans les toilettes ou l'évier, le traitement de l'eau n'en sera que plus difficile après et les rejets dans la nature plus nocifs.

Jeudi 10 Septembre 2009
FELICIEN DEBIERRE
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